Le curé Emmanuel DOYENNEL
Emmanuel DOYENNEL: curé de Saint-Martin-du-Vieux-Bellème. Né le 16 janvier 1849 à Vimoutiers. Décédé le 1er mars 1922 à Saint-Martin-du-Vieux-Bellême. Ordonné prêtre le 25/05/1872. Vicaire à St Honorine-la-Chardonne. Curé de St Germain-d'Aulnay le 14/12/1877. Curé à Neuvy-sur-Houlme le 4/07/1883. Curé de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême le 5/10/1897. Ci-dessous, texte publié après son décès (pages 139, 189 et 191) dans La Semaine Catholique du Diocèse de Sées. (voir également en cliquant ici)
"La mort vient de mettre en deuil la paroisse de Saint- Martin-du-Vieux-Bellême: mercredi 1er mars, à 2 heures du matin, M. l'abbé Doyennel rendait son âme à Dieu. Depuis un certain temps déjà, la santé de M. l'abbé Doyennel était bien chancelante et nous tenait pour ainsi dire préparés au suprême dénouement. Atteint de la grippe il y a quelques jours, il dédaigna par trop cette visiteuse qu'il jugeait importune et partant négligeable... Rapidement, de graves complications survinrent. Elles prirent bientôt un tel caractère de gravité que, lundi soir, M. l'abbé Doyennel recevait des mains de M. l'abbé Charron, les derniers sacrements avec une foi admirable, une résignation entière à l'adorable volonté du Maître. Et maintenant je suis prêt disait-il, j'ai fait de mon mieux, j'espère que Dieu me fera miséricorde. Et c'est dans la paix la plus parfaite qu'il attendit notre sœur la mort corporelle comme disait son Père Saint François d'Assise, dont il était le fils spirituel.

Cette disparition prévue et redoutée soulève dans le cœur des habitants de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême, des regrets et des craintes. Si l'arrivée de M. l'abbé Doyennel en cette paroisse avait rempli de joie la population toute entière, puisqu'elle mettait fin à une vacance prolongée, due à des difficultés administratives dont tous avaient souffert, aujourd'hui l'effrayante pénurie de prêtres dont souffre le diocèse renouvelle la crainte d'un long veuvage et transforme cette mort en un véritable malheur. Cette crainte, pourrait-on-dire, rend encore plus sensible aux habitants de Saint Martin, la disparition de leur curé. Aussi la paroisse entière pour montrer à tous l'affection qu'elle portait à son pasteur, le désir qu'elle a de posséder un prêtre et le respect qu'elle témoigne au représentant de Dieu avait pris ses vêtements de deuil Autour du cercueil du vénéré défunt, on voyait se presser toutes les autorités de la commune : M. le Maire et son Conseil, le Conseil curial, les enfants des écoles, un représentant au moins de chaque famille, auxquels étaient venus s'adjoindre de nombreux amis des paroisses voisines.

M. l'abbé Cyprien Doyennel naquit à Vimoutiers le 16 janvier 1849 d'une famille profondément chrétienne. Sa piété précoce, son intelligence, ouverte le firent remarquer bien vite par le clergé de la paroisse, heureux de découvrir en lui les indices d'une vocation sacerdotale. C'est aux maîtres distingués du Petit Séminaire de Séez, qui ont fait de cette maison l'un des plus précieux joyaux de no­tre beau diocèse que l'on confia le jeune Doyennel. Là il fit de fortes et brillantes études sous le regard maternel de la Vierge Immaculée à laquelle il gardera toute sa vie l'amour d'un fils dévoué. C'est d'ailleurs en répétant le nom sans tache de celle qu'il avait choisie pour mère, que le fils exhala son dernier soupir. Son passage au Grand Séminaire, sous des maîtres éminents, développa rapidement en lui ses qualités natives. Il s'y forma aux vertus sacerdotales dans le travail et la prière qui restèrent les deux pôles de son existence. M. l'abbé Doyennel, ordonné prêtre le 25 mai 1872 fut aussitôt envoyé comme vicaire à Sainte-Honorine-la--Chantonne. En décembre 1877, il recevait sa nomination de curé de Saint-Germain-d'Aunay, où il ne fit que poser sa tente, si l'on peut ainsi dire, puisque le 4 juillet 1888, la confiance de son Evêque le désignait pour la paroisse plus importante de Neuvy-en-Houlme. Après un séjour de 14 années dans cotte paroisse, il arrivait à Saint-Martin-du-Vieux-Bellème le 5 octobre 1897 où, après 25 ans de ministère,, il vient de rendre sa belle âme à Dieu.

Partout il se montra le serviteur fidèle du Maître, le prêtre pieux à la vie sans reproche qui, à elle seule, est pour ses fidèles une grande leçon et le meilleur des enseignements. Héritier des grands moines de Saint-Martin dont il connaissait si bien l'histoire, il en reproduisit autant qu'il se peut, la vie de recueillement, de prière, d'étude et de saints exemples. Il eût vécu heureux à l'ombre d'une église embellie par ses soins, où il retrouvait comme un écho des psalmodies monastiques, si ceux dont Dieu lui avait confié la charge y fussent venus plus nombreux. M. l'abbé Doyennel fut véritablement prêtre, le prêtre à la foi éclairée et profonde qu'il alimentait sans cesse aux sources de la doctrine. Ses confrères avaient plaisir et profit à consulter le pasteur de Saint-Martin sur tous les points de la science sacrée. Les solutions qu'il donnait étaient toujours conformes au pur enseignement de l'Eglise. Mais ce n'est pas pour ses confrères seuls qu'il était l'homme de bon conseil. Quel est celui d'entre ses paroissiens qui, venant lui confier ses difficultés, n'a reçu du pasteur la parole qui éclaire, soutient ou réconforte ? Quel jugement droit, quel cœur chaud et compatissant se cachait sous un extérieur un peu froid, distant peut-être, sous une écorce un peu rude. C'est à ce prêtre an jugement sûr, à l'esprit cultivé, cœur dévoué que tous ses confrères du doyenné de Bellême et un certain nombre des doyennés voisins, vinrent donner ce samedi 4 mars un suprême témoignage d'affection. La levée du corps fut présidée par M. l'abbé Germond, missionnaire, ami du défunt après une messe basse сélébrée par M. le Curé du Gué-de-la Chaîne. M. l'abbé Charron, prêtre à Bellême, chanta la grande messe, assisté Monsieur le Vicaire de Saint-Julien-sur-Sarthe, son condisciple et de Monsieur le curé de Sérigny. Avant l'absoute, donnée par M. le chanoine Coudreuse, doyen du Mesle-sur-Sarthe, M. le Doyen de Bellême retraça, en termes émus et éloquents la vie du vénéré défunt. Nous nous sommes permis de reproduire dans cette notice les principaux passages. M. l'abbé Doyennel avait manifesté à sa sœur, compagne dévouée de sa vie de sacrifice, le désir d'être inhumé à Vimoutiers dans la terre où reposent ses frères. C'est donc vers la gare de Saint-Martin qu'à l'issue de la cérémonie s'achemina le cortège funèbre. Là, M. . Bournisien, maire, rappela à ses administrés ce que fut M. Doyennel pour la commune et la reconnaissance que chacun devait lui conserver. Le regret au cœur et les larmes aux yeux, prêtres et fidèles dirent au vénéré défunt le dernier adieu priant !e « juste Juge » de recevoir son âme dans le lieu de rafraîchissement de lumière et de paix éternelle et lui demandant en retour de leur obtenir de Dieu pour cette paroisse, désormais orpheline, un pasteur pour continuer et compléter son oeuvre".

LA SEMAINE CATHOLIQUE

CHRONIQUE DIOCÉSAINE

PARTIE OFFICIELLE

Monseigneur l'Evêque recommande aux prières de son Clergé et des lecteurs de la Semaine Catholique le repos de l'âme de Monsieur l'abbé Doyenne, curé de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême, décédé le 1er mars.

Monsieur l'abbé Doyenne!, Emmanuel-Cyprien, né à Vimoutiers le 10 janvier 1849. a été ordonné prêtre le 25 mai 1872 et nommé vicaire à Sainte-Honorine-la-Chardonne le 14 décembre 1877. Curé de Saint-Germain-d'Aulnay le 4 juillet 1883, curé deNeuvy-au Houlme le 5 octobre 1897, curé de Saint-Martin-du-Vieux-Bellême.